Quelle prévoyance pour un médecin urgentiste ?

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Par

Clément Janicot

CEO de Gus Assurance

Publié le

3.11.2026

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La plupart des urgentistes qui me contactent ne sont pas que libéraux. Certains sont salariés de l'hôpital et font des remplacements en clinique, d'autres vivent uniquement de leurs visites chez SOS Médecins, d'autres encore viennent de s'installer après l'internat. Selon la façon dont votre revenu se répartit, la Sécurité sociale, la CARMF et l'hôpital ne vous protègent pas du tout de la même manière, et votre prévoyance ne se règle pas pareil.

Depuis 2024, j'ai échangé avec 11 médecins urgentistes, dont plusieurs à SOS Médecins. Sept ont reçu un devis chiffré, et 2 sont aujourd'hui assurés chez nous. Cet article s'appuie sur ces échanges : les montants assurés, les prix obtenus, les questions qui reviennent. Ce qui est commun à tous les médecins, quelle que soit la spécialité, figure dans notre guide prévoyance médecin.

Vous êtes urgentiste ? Remplissez notre formulaire : je vous prépare un comparatif Abeille, SwissLife et Unim adapté à votre statut, avec ma recommandation.

Pourquoi un médecin urgentiste a-t-il besoin d'une prévoyance ?

Un urgentiste libéral cotise à la CARMF comme tous les médecins, et un urgentiste hospitalier bénéficie du maintien de ses émoluments. Mais ces protections laissent passer l'essentiel de ce qui fait le revenu d'un urgentiste :

  • Les gardes : l'hôpital ne les paie plus dès le premier jour d'arrêt. Pour un urgentiste qui en fait beaucoup, c'est une grosse part du revenu qui disparaît immédiatement.
  • Les remplacements et les visites : la CPAM puis la CARMF ne remplacent que la moitié du revenu libéral, calculée sur des années passées, et rien du tout la première année d'affiliation.
  • Les cotisations sociales : même sans cabinet, l'URSSAF et la CARMF continuent d'appeler vos cotisations pendant l'arrêt, y compris la régularisation de l'année précédente.
  • L'invalidité partielle : si vous ne pouvez plus assurer les nuits ou le rythme des urgences, mais pouvez encore exercer autrement, la CARMF ne verse rien.

Les garanties en quelques mots

Indemnités journalières : elles remplacent votre revenu libéral pendant l'arrêt, en complément de l'Assurance maladie puis de la caisse. Dans mes devis d'urgentistes, le revenu assuré va de 3 000 à 12 000 € par mois.

Frais généraux : pour un urgentiste sans cabinet, ils servent surtout à payer les cotisations sociales qui continuent pendant l'arrêt. Cinq dossiers sur sept en comportaient.

Rente d'invalidité : versée jusqu'à la retraite dès 16 % d'invalidité (10 % chez Unim), appréciée sur votre capacité à exercer la médecine d'urgence.

Capital décès : de 72 000 à près de 300 000 € dans nos dossiers, souvent plus élevé quand les enfants sont jeunes.

Gus est un courtier expert de la prévoyance des médecins urgentistes

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Les points à connaître pour faire le bon choix

Quel revenu assurer en indemnités journalières ?

Pour la partie libérale, assurez votre BNC en totalité, toutes vacations et tous remplacements confondus, et pas seulement l'écart avec la CPAM et la CARMF : c'est l'assureur qui fait la différence. Un client m'a demandé s'il devait retirer ses cotisations URSSAF et CARMF de ses 8 000 € : non, le revenu se déclare tel quel, et les cotisations se couvrent avec les frais généraux.

Si vous démarrez, visez le revenu que vous pensez atteindre dans deux ans. Un revenu de remplaçant monte vite, et relever les garanties ensuite suppose de repasser par la sélection médicale.

Faut-il des frais généraux sans cabinet ?

Oui, dans la plupart des cas. Sans local ni salarié, vos charges fixes se résument surtout à vos cotisations sociales, et elles ne s'arrêtent pas avec vous : l'URSSAF régularise l'année écoulée, et les indemnités versées par un contrat Madelin entrent dans l'assiette, contrairement à celles des régimes obligatoires. Si vous payez une redevance à une clinique, ajoutez-la.

Quelle franchise choisir ?

En libéral pur, je propose 30 jours en maladie, 15 jours si votre trésorerie est faible. Si vous êtes aussi salarié de l'hôpital, regardez votre statut : il maintient vos émoluments pendant les premiers mois, ce qui permet souvent de choisir 90 jours pour la partie hospitalière. Voir notre article sur la franchise en prévoyance.

Quel barème pour l'invalidité ?

Choisissez un barème professionnel, qui déclenche la rente à partir de 16 % d'invalidité, 10 % chez Unim. Faites inscrire « médecin urgentiste » et décrivez votre activité réelle : SMUR, héliSMUR, régulation. Un urgentiste qui partage son temps avec une autre activité libérale doit savoir quel métier l'assureur retiendra : dans un de nos dossiers, c'est la médecine du sport, son activité libérale, qui a été inscrite.

Quel capital décès ?

Le minimum de l'assureur suffit sans enfant ni emprunt. Avec de jeunes enfants, plusieurs urgentistes ont choisi un capital élevé, en sachant qu'ils pourraient le réduire plus tard : une baisse se fait sans formalités.

Comment se passe la sélection médicale ?

Le questionnaire de santé porte sur vos arrêts, traitements et antécédents. Un ancien arrêt de travail peut conduire à une exclusion ciblée, rarement à un refus. Sous certains montants, aucune visite médicale n'est demandée.

La sélection médicale ne vaut que pour les garanties souscrites au départ. Si vous augmentez ensuite vos indemnités, vos frais généraux ou votre capital, par exemple à la titularisation ou quand l'activité libérale décolle, l'assureur vous fait remplir un nouveau questionnaire pour la part ajoutée. Une pathologie survenue dans l'intervalle peut être écartée pour ce supplément, tandis que le contrat initial reste intact. Voir notre article sur la sélection médicale.

La loi Madelin

Les cotisations de la partie libérale se déduisent de votre BNC. En contrepartie, les indemnités perçues sont réintégrées dans votre revenu et soumises à cotisations. Un contrat qui couvre uniquement votre activité hospitalière, en revanche, n'est pas un contrat Madelin. Voir notre article sur la fiscalité de la prévoyance Madelin.

Les points à vérifier avant de signer

Le psychique et le dos

C'est la question que tous les urgentistes me posent, et elle tranche souvent le choix. Abeille indemnise un médecin pour un burn-out ou une lombalgie sans exiger d'hospitalisation, avec douze mois d'attente sur le volet psychique. Unim demande de cocher ses renforts dos et psy le jour de l'adhésion. SwissLife accepte le dos, mais pour un arrêt psychique passé à domicile, son option ne paie que la moitié des indemnités.

Forfaitaire ou indemnitaire

C'est le point qui a fait changer de contrat une de mes clientes urgentistes : son ancien contrat était indemnitaire, et ses indemnités avaient été recalculées sur un revenu ancien, plus bas que celui sur lequel elle cotisait. Avec un revenu de remplaçant irrégulier ou en hausse, préférez un contrat forfaitaire, qui verse le montant prévu sans contrôle de vos revenus. Abeille et Unim appliquent le forfaitaire aux médecins ; chez SwissLife, vos revenus ne sont vérifiés que pour la part des indemnités qui dépasse 6 000 € par mois. Voir notre article sur la différence entre forfaitaire et indemnitaire.

SMUR, secours en montagne, humanitaire et sports

Le SMUR et l'héliSMUR font partie du métier : déclarez-les au devis et faites-les confirmer par écrit. Pour la montagne et l'humanitaire, c'est plus compliqué : Abeille refuse les urgentistes qui en font. Côté loisirs, l'escalade, l'alpinisme ou le ski de randonnée demandent parfois un questionnaire spécifique.

Les premières années de libéral

Pendant la première année, la CPAM ne verse rien, et la CARMF se base sur un revenu de l'avant-dernière année souvent très faible. Selon l'assureur, le contrat compense ou non cette part manquante. Faites-vous confirmer ce point sur le devis avant de choisir.

Les délais d'attente

Chez Abeille et SwissLife, une maladie déclarée dans les 3 mois qui suivent la signature n'est pas couverte (un an pour le psychique) ; un accident l'est tout de suite. Chez Unim, la couverture maladie démarre dès la signature. Voir notre article sur le délai de carence en prévoyance.

Comment êtes-vous couvert sans prévoyance ?

Montants 2026. Ce que vous touchez dépend de l'endroit où vous gagnez votre revenu : la CPAM et la CARMF ne regardent que vos honoraires, l'hôpital que vos émoluments, et aucun ne compense ce que l'autre ne verse pas.

En cas d'arrêt de travail

Pour vos honoraires, l'Assurance maladie paie à partir du 4e jour, après un an d'affiliation : 1/730e de vos revenus moyens sur trois ans, plafonné à 197,51 € par jour. Passé 90 jours, la CARMF applique le même calcul à vos revenus d'il y a deux ans, avec un plancher de 65,84 € par jour, et ce pendant trois ans au plus. Côté hôpital, un praticien hospitalier titulaire garde 90 % de ses émoluments pendant trois mois, puis passe à demi-traitement ; ses gardes ne sont jamais maintenues.

Votre situationPendant les 3 premiers moisEnsuite
SOS Médecins, 72 000 € de revenu par anEnviron 3 000 € par mois (CPAM)Environ 3 000 € par mois (CARMF)
Urgentiste libéral en clinique, 150 000 € par anEnviron 6 000 € par mois, plafond atteintEnviron 6 000 € par mois, soit 48 % du revenu
Moins d'un an de libéralRienLe plancher CARMF, autour de 2 000 € mensuels
Praticien hospitalier titulaire90 % des émoluments, sans les gardesDemi-traitement, sans les gardes

En cas d'invalidité

Sur votre activité libérale, la CARMF n'intervient que si elle vous reconnaît définitivement incapable d'exercer, avant 62 ans. La pension annuelle va de 23 662 € à 31 549 €, plus 8 788,52 € pour chaque enfant à charge et d'éventuelles majorations. Une incapacité partielle ne donne droit à rien. Votre activité hospitalière relève de votre propre régime d'invalidité.

En cas de décès

Vos proches touchent de la caisse 71 500 € en capital. S'y ajoutent une rente de 8 557 à 17 114 € par an pour l'époux ou l'épouse (mariage de plus de deux ans ou enfant commun), versée jusqu'à 62 ans, et 10 078 € par an par enfant. En PACS ou en union libre, votre compagnon n'a droit à rien.

Combien coûte une prévoyance pour un médecin urgentiste ?

Avec sept dossiers chiffrés, je ne calcule pas de médiane. Voici plutôt quatre devis réels, avec ce que chaque urgentiste voulait assurer. Ce sont des repères : votre prix dépendra de votre âge, de vos garanties et, chez Abeille, de votre ville.

Quatre dossiers réels

  • Un médecin de SOS Médecins de 42 ans qui assure 5 000 € par mois, 2 000 € de frais généraux et 150 000 € de capital décès : 102 € par mois chez SwissLife, 120 € chez Abeille, 154 € chez Unim. Il a choisi Abeille, pour la gestion des sinistres.
  • Une urgentiste libérale de 39 ans qui assure 12 000 € par mois et 6 000 € de frais généraux : 208 € par mois chez Abeille, qu'elle a retenu en quittant un contrat indemnitaire.
  • Un urgentiste libéral de 40 ans venu comparer son contrat actuel, pour 8 000 € par mois, 2 000 € de frais et un capital de 200 000 € : 109 € chez SwissLife, 186 € chez Abeille, 211 € chez Unim.
  • Un chef de clinique d'une trentaine d'années qui remplace aux urgences d'une clinique, 6 000 € par mois sans frais généraux : 44 € chez SwissLife, 64 € chez Abeille, 81 € chez Unim.

SwissLife est le moins cher dans nos trois comparatifs complets. Cet avantage s'érode avec les années, sa cotisation progressant plus vite que celle des autres. Partout, le tarif suit l'âge : il est revu tous les ans chez Abeille et SwissLife, à chaque palier chez Unim.

Quels sont les meilleurs contrats pour un médecin urgentiste ?

Nos 2 urgentistes assurés ont choisi Abeille (novembre 2026), dont l'un alors que SwissLife était moins cher. Je compare les trois contrats dans chaque devis ; voici ce qui compte pour un urgentiste.

Abeille Senséo, pour le psychique et la souplesse du forfaitaire

C'est le contrat que je conseille le plus souvent aux urgentistes. Il couvre le psychique et le dos sans hospitalisation, verse les indemnités en forfaitaire, sans contrôle de revenus le jour de l'arrêt, et prévoit un statut de praticien hospitalier si vous voulez assurer aussi votre activité à l'hôpital. Sa gestion des sinistres est celle que je trouve la plus sérieuse. Seule vraie limite pour un urgentiste : la montagne et l'humanitaire n'y sont pas assurables. Voir notre test d'Abeille Senséo.

SwissLife, le prix le plus bas

SwissLife pratique des tarifs très bas pour les médecins et ressort premier sur le prix dans tous nos comparatifs d'urgentistes. Le revers : un burn-out soigné sans hospitalisation n'est payé qu'à 50 %, et seulement avec l'option, et la fraction des indemnités au-dessus de 6 000 € par mois peut être réajustée sur vos revenus. Voir notre avis sur SwissLife.

Unim, couvert dès la signature

Avec Unim, vous êtes couvert en maladie dès le premier jour du contrat, et la rente part de 10 % d'invalidité. Son référentiel n'a pas de ligne « urgentiste » : vous êtes enregistré comme généraliste ou comme hospitalier, pour le même prix. Déclarer une activité salariée prive du premier niveau d'indemnités. Dos et psy se renforcent uniquement à la souscription. Voir notre test d'Unim.

Comment trouver une prévoyance quand on est médecin urgentiste ?

Deux voies s'offrent à un urgentiste : contacter lui-même un assureur spécialisé dans les soignants, ou confier la comparaison à un courtier. À garanties égales, la cotisation est la même ; la différence porte sur le choix proposé et sur l'aide pour faire tenir ensemble vos activités à l'hôpital et en libéral.

Souscrire directement auprès d'un assureur des médecins

La GPM, très présente à l'hôpital, la MACSF et La Médicale accompagnent beaucoup d'urgentistes depuis l'internat, souvent pour leur responsabilité civile professionnelle. Elles ne travaillent pas avec les courtiers : vous traitez avec leurs conseillers, qui proposent leur propre contrat. Si vous avez souscrit pendant vos études, faites revoir le contrat quand votre activité libérale démarre, et vérifiez s'il est forfaitaire ou indemnitaire. Nos analyses détaillées : GPM, La Médicale, MACSF. Pour les étudiants, voir aussi la prévoyance de l'interne.

Passer par un courtier

Le courtier obtient des propositions de plusieurs compagnies sur un cahier des charges unique, puis vous accompagne pour les formalités médicales. Il ne vous coûte rien : il est rémunéré par l'assureur, au même tarif qu'en direct. Demandez-lui combien d'urgentistes il a déjà assurés et comment il traite un statut mixte : c'est là que se jouent les erreurs.

Les assureurs que nous comparons

  • Abeille Assurances, anciennement Aviva France, propose avec Senséo Médical un contrat dédié aux médecins, libéraux comme hospitaliers.
  • Unim, association de soignants libéraux dont le contrat est assuré par Allianz, réservée aux professions de santé.
  • SwissLife, présent de longue date auprès des libéraux, avec un contrat commun à l'ensemble des indépendants.

Comment ça se passe avec Gus Assurance

  1. Vous remplissez notre formulaire : statut, part libérale et part hospitalière, revenu, famille.
  2. Je compare Abeille, SwissLife et Unim à garanties identiques, et je vous dis s'il vaut mieux un ou deux contrats quand vous êtes aussi à l'hôpital.
  3. Nous en parlons au téléphone si besoin : revenu à assurer, frais généraux, franchise, SMUR et sports à déclarer.
  4. L'adhésion se fait en ligne ; je surveille le dossier jusqu'à la décision médicale et, en cas de changement, je vous indique le bon moment pour mettre fin à l'ancien contrat.
  5. Je reste votre interlocuteur ensuite : mise à jour à la titularisation ou quand votre activité libérale augmente, et aide si vous êtes arrêté.

Rien à payer, aucun engagement. Pour aller plus loin : le rôle du courtier en prévoyance et comment résilier un contrat de prévoyance.

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Vos questions, nos réponses

Vous hésitez encore ? Voici quelques compléments d’informations sur les questions que l’on nous pose le plus souvent !

Comment bien choisir son assurance prévoyance ?

En tant que médecin libéral une prévoyance est indispensable car vous n’êtes pas bien couvert par la Sécurité Sociale et la CARMF en cas d’aléas de la vie. La prévoyance comprend plusieurs garanties permettant de vous protéger en cas d’arrêt de travail, d’invalidité ou de décès. Mais ce n’est pas si simple de trouver un contrat adapté à ses besoins et sans mauvaise surprise. Si vous êtes encore interne vous pouvez consulter notre article : prévoyance interne médecine.

Pas d’inquiétude Gus est là pour vous accompagner.

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