Prévoyance profession libérale : choisir le bon contrat en 2026

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Par

Clément Janicot

CEO de Gus Assurance

Publié le

29.9.2026

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En tant que libéral, vous êtes indemnisé par la Sécurité sociale pendant les trois premiers mois d’un arrêt de travail : la moitié de votre revenu moyen des trois dernières années, à partir du 4e jour, dans la limite de 197,51 € par jour. Ensuite, tout dépend de votre caisse : certaines prennent le relais, d’autres ne versent plus rien. Une prévoyance pour les professions libérales complète ces montants avec trois garanties : arrêt de travail, invalidité et décès, pour vous protéger et protéger votre famille.

En tant que courtier spécialisé, nous échangeons quotidiennement avec des professions libérales et constatons la difficulté à s’y retrouver. Les contrats paraissent semblables au premier regard, mais en y regardant de plus près, on découvre des subtilités et des pièges à éviter.

Vous êtes libéral et vous cherchez une prévoyance ? Le plus simple est de faire une demande de devis sur notre site. Nous vous enverrons des devis et nous vous proposerons un rendez-vous gratuit pour tout vous expliquer. Pourquoi ne pas en profiter ?

Les indemnités en cas d’arrêt de travail

Une prévoyance comprend trois garanties (arrêt de travail, rente invalidité, capital décès). La première garantie est le versement d’indemnités en cas d’arrêt de travail.

Qu’est-ce qui est prévu par la Sécurité sociale en cas d’arrêt de travail ?

En cas d’arrêt de travail, vous êtes couvert par la Sécurité sociale pendant les 90 premiers jours (sauf si vous venez de lancer votre activité), puis c’est votre caisse (CARPIMKO, CARMF, CARCDSF…) qui prend le relais à partir du 91e jour. Attention, certaines caisses, dont la CIPAV (psychologues, ostéopathes), ne versent pas d’indemnités.

💡 À partir d’un an d’affiliation, la Sécu vous verse des indemnités calculées sur la moyenne des revenus libéraux des 3 dernières années. La Sécu vous verse 50 % de vos revenus dans la limite de 6 008 € par mois (chiffres 2026, source : ameli.fr). Une prévoyance est encore plus importante si vous avez moins de 3 ans d’ancienneté.

Les avocats ont un régime à part : ils ne relèvent pas de ce dispositif de la Sécurité sociale. Leur barreau puis la CNBF leur versent 90 € par jour à partir du 16e jour d’arrêt et jusqu’à trois ans, quel que soit leur revenu.

Au-delà de 90 jours, seules 4 caisses prévoient des indemnités journalières au titre de l’incapacité temporaire.

💡 Toutes les caisses ne vous couvrent pas en cas d’arrêt de travail.

Les caisses ci-dessous ne versent rien après 90 jours.

  • CPRN : Caisse de Prévoyance et de Retraite des Notaires.
  • CAVOM : Caisse d’Assurance Vieillesse des Officiers Ministériels, Officiers Publics et des Compagnies Judiciaires.
  • CAVP : Caisse d’Assurance Vieillesse des Pharmaciens.
  • CARPV : Caisse Autonome de Retraite et de Prévoyance des Vétérinaires. Voir notre article sur la prévoyance des vétérinaires.
  • CIPAV : une vingtaine de professions libérales, dont les ostéopathes, les psychologues et les architectes. Voir nos articles : prévoyance ostéopathes, prévoyance psychologue et prévoyance des architectes.

Les indemnités de la prévoyance

La prévoyance verse des indemnités en complément de la protection sociale pour vous permettre de maintenir un revenu assuré.

Les assureurs exigent une cohérence entre votre revenu réel et votre revenu assuré. Pour une profession libérale, ce revenu correspond à votre BNC (CA − charges). Il est conseillé de vous assurer sur cette base, bien que vous puissiez choisir un montant moindre pour réduire vos cotisations.

Si vous débutez, assurez une estimation de votre revenu. La Sécurité sociale ne verse rien pendant vos 12 premiers mois d’affiliation : la prévoyance est alors votre seule protection.

Les indemnités sont versées pendant trois ans, à partir du 4e jour en cas d’accident ou d’hospitalisation, et à partir de 30, 15 ou 7 jours en cas de maladie.

Cette garantie peut aussi être appelée maintien de revenus ou ITT (incapacité temporaire totale de travail).

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La rente en cas d’invalidité

La seconde garantie d’une prévoyance, c’est la rente invalidité, qui prévoit le versement d’une rente jusqu’à la retraite en cas d’invalidité totale ou partielle.

Qu’est-ce qui est prévu par la Sécu et les caisses pour l’invalidité ?

💡 Aucune caisse ne verse de rente en dessous de 66 % d’invalidité, et les montants sont faibles.

Sécurité sociale : pour les libéraux non réglementés, la pension n’est versée qu’à partir de deux tiers d’incapacité : 30 % ou 50 % du revenu moyen, dans la limite d’environ 1 200 ou 2 000 € par mois.

Caisses : les garanties d’invalidité sont propres à chaque caisse. La CARPIMKO, la CIPAV, la CAVEC et la CARPV versent une rente partielle entre 66 et 99 % d’invalidité ; la CARMF, la CARCDSF, la CAVP et la CPRN seulement en cas d’invalidité totale.

La protection sociale des libéraux en cas d’invalidité est faible : c’est la garantie la plus importante de votre prévoyance.

Faut-il choisir un barème professionnel ou un barème croisé ?

Le taux d’invalidité peut être calculé avec un barème croisé ou un barème professionnel. Le barème croisé prend en compte l’impact de votre invalidité sur votre capacité à travailler et sur votre vie fonctionnelle, formant ainsi un tableau à double entrée.

Le barème professionnel prend en compte uniquement l’impact de votre invalidité sur votre travail. Ce barème est plus favorable et plus adapté pour les métiers physiques.

Le barème professionnel est indispensable pour les professions libérales médicales et paramédicales.

Les différents types de barèmes professionnels

  • Barème contractuel : ce barème est défini par les termes du contrat d’assurance. Les critères et pourcentages d’invalidité sont précisés dans le contrat, permettant une évaluation standardisée et prévisible. Cela signifie que chaque type de blessure ou de perte fonctionnelle a un taux d’invalidité prédéterminé.
  • Barème basé sur une expertise médicale : dans ce cas, le taux d’invalidité est déterminé par un expert médical, souvent un médecin agréé par l’assureur. L’expert évalue l’impact de l’invalidité sur la capacité de travail de l’assuré de manière personnalisée. Si vous êtes en désaccord avec l’évaluation du médecin, vous pouvez mandater votre propre médecin. En cas de désaccord, les deux médecins discutent entre eux et un arbitrage est fait.
Difficile de dire lequel de ces deux barèmes est le plus avantageux : je n’en fais pas un critère de choix.

Comment est calculée la rente invalidité ?

Si vous êtes invalide à plus de 66 %, vous recevez 100 % de la rente prévue au contrat. Entre 33 % et 66 % d’invalidité, vous touchez une rente partielle, le plus souvent calculée ainsi : taux d’invalidité / 66 %. Par exemple, si votre invalidité est de 33 %, vous recevez 50 % de la rente. Certains contrats divisent par 100 : à 33 % d’invalidité, vous recevez alors 33 % de la rente.

Attention à la distinction indemnitaire vs forfaitaire sur le calcul de la rente. Le forfaitaire n’est pas forcément le plus protecteur.

Voir notre article : Prévoyance forfaitaire ou indemnitaire ?

En dessous de 33 % d’invalidité, vous ne touchez pas de rente. Toutefois, vous pouvez abaisser le seuil de déclenchement en option : à 20 % selon les contrats, et jusqu’à 10 ou 16 % pour les professions médicales et paramédicales.

Les garanties en cas de décès

Les prestations des caisses

Certaines caisses comme la CARMF, la CARPIMKO, la CARCDSF ou encore la CIPAV prévoient le versement d’une rente pour les enfants si vous décédez prématurément. Certaines caisses versent même un capital décès (CARMF, CARCDSF).

Le capital décès de la prévoyance

En cas de décès prématuré, l’assureur verse un capital à votre famille ; vous pouvez choisir le bénéficiaire et le montant. Cette garantie est obligatoire : le minimum est en général de 2 fois le revenu annuel, 3 fois sur demande.

En Madelin, selon les contrats, le capital décès entre ou non dans la part déductible : certains le laissent hors Madelin pour qu’il soit versé à votre famille en capital, sans impôt.

La rente éducation et la rente pour le conjoint

La rente éducation est une option de prévoyance qui garantit le versement d’une somme d’argent à vos enfants en cas de décès. Cette rente vise à couvrir les frais de scolarité et les dépenses liées à l’éducation de vos enfants jusqu’à la fin de leurs études.

Selon les contrats, vous pouvez choisir un montant fixe pour la rente éducation ou opter pour un montant calculé en pourcentage de vos revenus.

Les points de vigilance pour bien choisir

Le revenu assuré

Veillez à ce que le revenu assuré soit cohérent avec votre revenu réel ou une estimation de celui-ci. Quel que soit le système d’indemnisation (indemnitaire ou forfaitaire), évitez d’assurer un revenu nettement supérieur à votre revenu réel. Si le revenu assuré est inférieur au revenu réel, cela ne pose pas de problème, mais vous serez moins bien couvert. Le calcul de vos indemnités repose sur le BNC ou votre rémunération de gérant.

C’est le rôle de votre courtier de vous contacter pour vérifier que le revenu assuré est toujours adapté.

En cas de maladie, après combien de jours souhaitez-vous que l’indemnisation commence ?

Les franchises classiques en cas de maladie sont de 15 ou 30 jours. Passer de 30 à 15 jours augmente le prix du contrat de 5 à 30 % selon le contrat. Il existe quelques contrats avec une franchise de 7 jours, mais je conseille plutôt 15 jours.

La prise en charge des maladies de dos et du burn-out

Si vous avez un arrêt de travail dû à un problème de dos ou à un problème psychologique (burn-out) sans hospitalisation, vous ne serez pas indemnisé, à moins de souscrire une option qui lève cette condition.

Chez certains assureurs, le dos est couvert d’office. En revanche, l’option psy n’est jamais incluse de base et coûte environ 10 % du prix du contrat.

Il faut toujours vérifier les conditions de prise en charge des maladies psychologiques : c’est une source fréquente de litiges entre clients et assureurs.

Les exclusions sur la grossesse pathologique

Pendant le congé légal de maternité, vous êtes couverte par la Sécurité sociale, qui vous verse des indemnités journalières ainsi qu’une allocation forfaitaire de repos maternel de 4 005 €. La prévoyance vous couvre uniquement en cas de grossesse pathologique, et certains contrats excluent une majorité de pathologies ou ne vous couvrent que s’il y a hospitalisation.

Voir notre article sur la prise en charge par la prévoyance de la grossesse pathologique.

Prévoyance profession libérale et loi Madelin

La loi Madelin vous permet de réduire le coût réel de votre prévoyance.

Les professions libérales peuvent déduire de leur revenu imposable les cotisations versées pour leur prévoyance.

Le plafond de déduction fiscale pour la prévoyance est commun avec celui de la mutuelle. En 2026, il s’élève à 3,75 % du revenu professionnel, auquel s’ajoutent 7 % du plafond annuel de la Sécurité sociale (3 364 €), dans la limite de 11 534 €.

💡 La loi Madelin a cependant une contrepartie : les indemnités versées en cas d’arrêt de travail sont réintégrées à vos revenus et supportent charges sociales et impôt.

Voir notre article sur la prévoyance Madelin

Les frais généraux

Vous pouvez ajouter en option le versement d’indemnités pour couvrir vos frais professionnels, par exemple le paiement d’un loyer ou des charges sociales.

Ces indemnités sont versées pendant une durée d’un ou deux ans selon les contrats, mais généralement un an est suffisant.

Le versement débute après un délai de franchise qui fonctionne de la même manière que pour le maintien de salaire.

💡 Dans la plupart des cas, il faut ajouter l’option frais généraux pour payer les charges incompressibles en cas d’arrêt de travail.

Comment fonctionne la sélection médicale ?

Les assureurs sont très stricts sur la sélection médicale. Si vous avez des antécédents médicaux, le processus de souscription se complexifie et peut entraîner des refus d’adhésion, des exclusions ou des majorations de tarif. Voir notre article : prévoyance et sélection médicale

  • Antécédents médicaux : si vous avez eu des arrêts de travail de plus de trois semaines, prenez des médicaments quotidiennement ou avez eu un problème de santé avec des risques de récidive, vous devrez le déclarer dans le questionnaire de santé. Les assureurs imposent souvent des exclusions basées sur vos antécédents.
Les assureurs ne font aucun cadeau. Si l’antécédent est grave, un refus d’adhésion est probable.
  • Procédure : l’assureur demandera des précisions sur vos antécédents et vous devrez peut-être fournir des documents médicaux. Le dossier complet sera analysé par la cellule médicale de l’assureur. Celui-ci peut accepter votre dossier au tarif normal si l’antécédent n’est pas jugé préoccupant, mais imposera généralement une augmentation de tarif (rare), des exclusions (le plus fréquent) ou, dans certains cas, un refus d’adhésion.

Les augmentations de prix

Contrats en âge atteint

Certains contrats recalculent la cotisation chaque année en fonction de votre âge : elle augmente donc en vieillissant, et plus vite après 40 ans.

Contrats en âge à l’adhésion

D’autres contrats fixent la cotisation selon votre âge à l’adhésion : elle n’augmente plus avec l’âge. Elle suit en revanche le plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS), qui évolue généralement avec l’inflation.

Impact de la sinistralité

Indépendamment de l’option de tarification, les assureurs peuvent augmenter les cotisations en fonction de la sinistralité du portefeuille. Ces augmentations peuvent être appliquées de manière indifférenciée à tous les clients ou cibler certaines professions spécifiques.

Les délais de carence

Le délai de carence est la période après la souscription pendant laquelle vous ne pouvez pas encore bénéficier des garanties, même en payant vos cotisations. Certains contrats n’en ont pas, même en maladie ; d’autres imposent 3 mois pour les maladies et jusqu’à 12 mois pour les affections psychologiques. Les options qui couvrent le psy ont souvent leur propre délai.

En revanche, il n’y a pas de carence pour les accidents. Les délais de carence ne sont pas problématiques en soi, car ils permettent aux assureurs d’éviter que des personnes souscrivent en sachant qu’elles sont déjà malades.

Les exclusions de certains sports

Si vous pratiquez un sport à risque, soyez vigilant, car il peut y avoir des restrictions sur certains sports.

Combien coûte une prévoyance pour une profession libérale ?

Le prix dépend surtout de votre âge, du revenu assuré et de votre métier. Nos 408 clients libéraux (septembre 2026, hors auto-entrepreneurs) paient une cotisation médiane de 88 € par mois, pour un revenu assuré médian de 3 500 € par mois. Selon l’âge à la souscription : 65 € avant 33 ans, 105 € de 33 à 37 ans, 124 € de 38 à 42 ans et 172 € à partir de 43 ans.

Pour des tarifs par assureur et par âge, et les points propres à votre métier, voyez nos articles :

Les meilleures prévoyances pour les professions libérales en 2026

Les contrats que nous proposons le plus souvent aux professions libérales sont ceux d’Abeille, d’Unim et d’Hodeva, puis de SwissLife et d’April.

Sur nos 408 clients libéraux (septembre 2026), 207 ont choisi Abeille, 86 Unim, 61 Hodeva, 40 SwissLife et 14 April.

Voir nos tests de contrats :

Les médecins et les dentistes : le contrat Abeille Senséo sort clairement du lot : 129 de nos 158 médecins et 17 de nos 21 dentistes l’ont choisi. Les garanties sont bien conçues, et Abeille est un assureur sérieux capable de maintenir les tarifs sur le long terme. Unim et SwissLife sont des alternatives intéressantes.

Les avocats : Abeille Senséo est le contrat le plus choisi par nos avocats (11 sur 19) ; SwissLife et April sont des alternatives intéressantes.

Les paramédicaux : pour les kinés, Unim sort du lot (42 de nos 68 kinés), suivi de SwissLife ; pour les orthophonistes et les ostéopathes, c’est Hodeva (14 orthophonistes sur 23, 20 ostéopathes sur 31), puis Unim.

Les psychologues : ce sont les contrats d’Hodeva, d’Abeille et d’Unim qui sortent du lot (48, 33 et 10 de nos 95 psychologues).

Les professions libérales non réglementées (consultants, etc.) : pour ces professions, Abeille, Hodeva et April se positionnent bien.

Grossesse : si vous avez un projet de grossesse, évitez SwissLife, qui ne couvre qu’une liste fermée de complications ; la MACSF et Agipi sont aussi restrictives.

Vos questions, nos réponses

Vous hésitez encore ? Voici quelques compléments d’informations sur les questions que l’on nous pose le plus souvent !

Comment bien choisir son assurance prévoyance ?

Vous êtes profession libérale ? Souscrire une prévoyance pour les professions libérales est indispensable car vous n’êtes pas bien couvert par le régime obligatoire en cas de pépin de santé. Au contraire des salariés votre protection sociale est limitée. La prévoyance comprend plusieurs garanties permettant de vous protéger en cas d’arrêt de travail, d’invalidité ou de décès. Mais ce n’est pas si simple de trouver un contrat adapté à ses besoins et sans mauvaise surprise.

Pas d’inquiétude Gus est là pour vous accompagner et vous offrir une assistance personnalisée dans le choix de votre prévoyance et ainsi vous protéger en cas d’accident de la vie.

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