Quelle prévoyance pour un orthoptiste ?

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Par

Clément Janicot

CEO de Gus Assurance

Publié le

3.11.2026

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Beaucoup d'orthoptistes partagent leur semaine entre un cabinet libéral et un poste auprès d'un ophtalmologue. Cette double casquette rassure, mais elle laisse un angle mort : la partie libérale ne reçoit, en cas d'arrêt long, qu'un forfait de la CARPIMKO identique pour tous, sans lien avec ce que vous gagnez. Bien choisir sa prévoyance, c'est d'abord savoir quel revenu protéger et combien de charges continueront de tomber.

Depuis 2024, 10 orthoptistes nous ont demandé conseil pour leur prévoyance, et 2 sont aujourd'hui assurés par Gus Assurance. Je vous montre ici comment je règle leurs garanties, ce qu'elles coûtent réellement et ce qui a fait pencher leur choix. Les droits ouverts par votre caisse sont détaillés dans notre guide sur les prestations prévoyance de la CARPIMKO.

Vous êtes orthoptiste ? Remplissez notre formulaire : je fais chiffrer Hodeva, Abeille et Unim sur les mêmes garanties, et je vous dis lequel je prendrais à votre place.

Pourquoi un orthoptiste a-t-il besoin d'une prévoyance ?

La CARPIMKO protège mieux que la plupart des caisses libérales, puisqu'elle verse quelque chose dès le 91e jour. Trois situations restent pourtant à découvert pour un orthoptiste :

  • Un forfait qui ignore votre revenu : passé trois mois d'arrêt, vous touchez la même somme que vous gagniez 25 000 ou 60 000 € par an. Plus votre activité libérale est développée, plus l'écart avec votre niveau de vie est grand.
  • Des charges qui continuent : loyer ou rétrocession au cabinet, cotisations URSSAF et CARPIMKO, prêt d'un appareil de rééducation ou d'un champ visuel. Ni la CPAM ni la caisse ne les prennent en charge.
  • L'invalidité modérée : un problème de vue, de dos ou de main qui vous empêche d'assurer vos bilans à plein temps ne donne droit à rien auprès de la caisse tant que l'incapacité reste sous 66 %.

Si vous êtes aussi salarié d'un ophtalmologue ou d'une clinique, ce poste garde sa propre protection de salarié. Seule la part libérale est à assurer, ce qui réduit souvent le montant à garantir et donc le prix.

Les garanties en quelques mots

Indemnités journalières : versées en plus de l'Assurance maladie et de la caisse, elles portent votre revenu au niveau choisi. Nos clients orthoptistes protègent de 1 200 à 4 000 € par mois, selon la part de libéral dans leur activité.

Frais généraux : ils remboursent les charges fixes du cabinet pendant l'arrêt. Nos deux clients en ont pris, pour un montant égal à leur revenu assuré.

Rente d'invalidité : servie jusqu'à votre retraite à partir de 33 % d'invalidité en standard, dès 16 % avec un barème professionnel (10 % chez Unim).

Capital décès : nos clients orthoptistes l'ont fixé autour de deux fois leur revenu annuel, davantage chez certains assureurs qui imposent un minimum.

Gus est un courtier expert de la prévoyance des orthoptistes

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Les points à connaître pour faire le bon choix

Quel revenu assurer en indemnités journalières ?

Assurez votre BNC complet, et non la différence avec la caisse : c'est l'assureur qui retranche les versements de l'Assurance maladie et de la CARPIMKO. Si vous avez aussi un salaire chez un ophtalmologue, ne retenez que le bénéfice libéral. Si votre cabinet monte en charge, visez le revenu attendu d'ici deux ans : l'augmenter plus tard vous obligera à repasser une sélection médicale.

Quels frais généraux assurer ?

Additionnez ce qui sort chaque mois même cabinet fermé : loyer ou redevance, logiciel, remboursement du matériel, assurances et surtout cotisations sociales, qui restent dues pendant un arrêt. Chez un orthoptiste, ce montant tourne souvent autour du revenu assuré, comme chez nos deux clients. Si vous exercez uniquement dans le cabinet d'un ophtalmologue sans y payer de redevance, cette garantie peut rester modeste.

Quelle franchise choisir ?

La franchise de 30 jours est la plus courante et réduit sensiblement le prix. Une franchise de 15 jours se justifie si vous n'avez pas de trésorerie de côté ou si vos charges sont lourdes : c'est ce qu'a choisi notre cliente qui assurait le revenu le plus élevé. En cas d'accident ou d'hospitalisation, la plupart des contrats ramènent la franchise à 3 jours. Voir notre article sur la franchise en prévoyance.

Quel barème pour l'invalidité ?

Votre métier repose sur une vision binoculaire fiable et des gestes précis. Un barème professionnel mesure votre incapacité à exercer l'orthoptie, alors qu'un barème croisé y mêle votre autonomie dans la vie courante : à séquelle égale, il donne un taux plus bas. Avec un barème professionnel, la rente démarre souvent dès 16 % ; avec un barème croisé, plutôt à 33 %. Voir notre article pour calculer une rente d'invalidité.

Quel capital décès ?

La CARPIMKO verse un capital modeste, doublé seulement en présence d'un conjoint marié ou pacsé. Avec des enfants ou un emprunt immobilier, prévoyez au moins deux à trois fois votre revenu annuel. Certains assureurs fixent un minimum : à garanties égales, le capital prévu peut varier du simple au double d'un devis à l'autre.

Comment se passe la sélection médicale ?

Le questionnaire de santé se remplit en ligne au moment de la signature. Si vous répondez non partout, vous êtes en général couvert dès la signature. Sinon, l'assureur peut demander des comptes rendus, puis accepter, exclure l'affection concernée ou appliquer une surprime.

Une décision rendue automatiquement par l'outil de l'assureur peut être réexaminée par son médecin-conseil. L'une de nos clientes, majorée pour un antécédent qu'elle jugeait bénin, a demandé ce réexamen : il a pris quelques semaines, et l'assureur a maintenu une surprime. La démarche est simple, elle mérite d'être tentée.

Attention : l'accord médical porte sur les montants demandés à la signature. Chaque hausse ultérieure, d'indemnités, de frais généraux ou de capital, passe par un nouveau questionnaire de santé, limité au supplément. Si votre santé a changé dans l'intervalle, l'assureur peut exclure ce problème sur la part ajoutée, les garanties déjà acquises restant intactes. D'où l'intérêt de viser juste dès le départ. Voir notre article sur la sélection médicale.

Loi Madelin et micro-BNC

À la déclaration contrôlée, la loi Madelin vous permet de retirer vos cotisations de votre bénéfice imposable, et les indemnités touchées deviennent imposables. Au régime micro-BNC, l'abattement forfaitaire couvre déjà vos charges : la cotisation ne se déduit pas, mais les indemnités ne sont pas imposées. Voir notre article sur la fiscalité de la prévoyance Madelin et notre guide sur la prévoyance en micro-entreprise.

Les points à vérifier avant de signer

Forfaitaire ou indemnitaire

Le point le plus important pour un affilié de la CARPIMKO. Un contrat indemnitaire vous verse la différence entre votre revenu assuré et ce que paient la CPAM puis la caisse ; il faudra justifier vos revenus en cas d'arrêt. Un contrat forfaitaire verse le montant prévu quoi qu'il arrive, ce qui protège mieux un orthoptiste dont l'activité varie d'une année à l'autre ou qui réduit ses jours en libéral. Voir notre article sur la différence entre forfaitaire et indemnitaire.

La grossesse

La grande majorité des orthoptistes qui nous écrivent sont des femmes, souvent en âge d'avoir des enfants. Vérifiez que la grossesse pathologique est couverte sans liste limitative : sur nos devis récents, elle l'était sans condition, à la seule réserve de ne pas être enceinte au jour de la signature. Le congé maternité lui-même relève de la Sécurité sociale, pas de la prévoyance. Voir notre guide sur la prévoyance et la grossesse.

Le dos et les affections psychiques

Les séances de rééducation se font assis, penché vers le patient, plusieurs heures par jour. Regardez si une lombalgie ou une dépression est indemnisée sans hospitalisation. Selon les contrats, c'est inclus d'office ou proposé en option à cocher dès l'adhésion : sur nos devis récents, Abeille l'incluait, tandis qu'Hodeva et Unim le proposaient en option.

Les délais d'attente

Certains contrats n'indemnisent pas une maladie déclarée dans les premiers mois. En cas de remplacement d'un contrat en cours, réclamez la levée de ce délai : plusieurs assureurs l'accordent quand la couverture se poursuit sans interruption. Voir notre article sur le délai de carence en prévoyance.

L'exonération des cotisations

Vérifiez qu'au-delà de 90 jours d'arrêt ou en invalidité, vous cessez de payer votre prévoyance. C'était le cas dans tous nos devis pour orthoptistes, mais la durée varie d'un contrat à l'autre.

Comment êtes-vous couvert sans prévoyance ?

Montants 2026. Les trois premiers mois d'arrêt sont à la charge de la Sécurité sociale ; au-delà, c'est votre caisse qui intervient, ainsi qu'en cas d'invalidité ou de décès.

En cas d'arrêt de travail

Pendant les trois premiers jours, personne ne paie. Ensuite et jusqu'au 90e jour, l'Assurance maladie vous indemnise sur la base de 1/730e de vos revenus moyens sur trois ans, sans dépasser 197,51 € par jour ; encore faut-il compter 12 mois d'affiliation. Le relais de la CARPIMKO court ensuite jusqu'au terme de la 3e année : un forfait de 55,44 € par jour, majoré de 8,06 € quotidiens pour chaque enfant à charge. La caisse doit recevoir votre déclaration d'arrêt dans les 6 mois, et vos cotisations doivent être réglées.

Votre revenu libéralDu 4e au 90e jour (CPAM)Du 91e jour à 3 ans (CARPIMKO, sans enfant)
Installé depuis moins d'un anRienEnviron 1 690 € par mois
30 000 € par anEnviron 1 250 € par mois (50 %)Environ 1 690 € par mois (68 %)
50 000 € par anEnviron 2 080 € par mois (50 %)Environ 1 690 € par mois (41 %)

Plus votre revenu est élevé, plus le relais de la caisse vous fait perdre. Les frais du cabinet, eux, ne sont couverts à aucun moment.

En cas d'invalidité

Au bout de trois ans d'indemnités, une incapacité totale ouvre droit à 20 160 € par an, plus 3 024 € par enfant à charge. Une rente partielle de 10 080 € par an existe à partir de 66 % d'incapacité, sous condition de revenus. En dessous de 66 %, la caisse ne verse rien.

En cas de décès

La CARPIMKO verse un capital de 36 288 € à votre conjoint marié ou pacsé, 54 432 € s'il a des enfants à charge, et 18 144 € à vos descendants ou ascendants à défaut de conjoint. Le conjoint survivant peut percevoir 10 080 € par an jusqu'à ses 65 ans s'il était marié ou pacsé avec vous depuis deux ans au moins ; chaque orphelin touche 7 560 € par an jusqu'à sa majorité, prolongée à 25 ans en cas d'études.

Quel budget prévoir pour la prévoyance d'un orthoptiste ?

Ce que paient nos clients orthoptistes

Nos deux clients orthoptistes paient 73 et 167 € par mois, pour 1 200 et 4 000 € de revenu protégé, frais généraux compris. Avec deux contrats, je ne donne évidemment pas de moyenne : voici plutôt le détail de leurs dossiers, avec les prix obtenus chez chaque assureur.

Deux dossiers réels

  • Une orthoptiste de 48 ans, à l'activité libérale réduite : 1 200 € de revenu et 1 200 € de frais généraux, franchise de 30 jours, barème croisé avec rente dès 33 %. Avant sélection médicale, 49 € par mois chez Hodeva et 85 € chez Abeille. Hodeva a ensuite appliqué une surprime de 50 % pour un antécédent de santé : elle paie aujourd'hui 73 € par mois, un prix encore inférieur à celui d'Abeille sans surprime.
  • Une orthoptiste de 32 ans, installée à temps plein : 4 000 € de revenu et 4 000 € de frais généraux, franchise de 15 jours, barème professionnel avec rente dès 16 % (10 % chez Unim), dos et affections psychiques couverts sans hospitalisation. 150 € par mois chez Unim, 154 € chez Hodeva et 166 € chez Abeille. Elle a retenu Abeille, dont le capital décès prévu était nettement plus élevé, et paie 167 € par mois.

Deux leçons. D'abord, la franchise, le barème et le montant de frais généraux pèsent autant que le revenu dans le prix : le premier dossier coûte trois fois moins cher pour un revenu protégé trois fois plus bas, mais avec des garanties plus simples. Ensuite, les écarts entre assureurs varient beaucoup selon le profil. Sur un petit revenu, l'écart dépassait 70 % ; sur un revenu plus élevé avec des garanties complètes, les trois offres tenaient en 11 %.

Dans mes comparatifs pour ces métiers, Hodeva arrive souvent en tête sur le prix, mais pas toujours : chaque dossier mérite son propre chiffrage.

Quels sont les meilleurs contrats pour un orthoptiste ?

Nos 2 orthoptistes assurés (novembre 2026) se répartissent à parts égales : 1 chez Hodeva et 1 chez Abeille Senséo. Unim figurait dans le comparatif de l'une d'elles. April et SwissLife acceptent aussi les orthoptistes et peuvent être chiffrés sur demande.

Hodeva, souvent le prix le plus bas

Hodeva est souvent le moins cher de mes comparatifs pour les paramédicaux de la CARPIMKO, surtout pour un revenu modeste ou une franchise de 30 jours. Le barème professionnel avec rente dès 16 %, ainsi que la couverture des affections psychiques sans hospitalisation, sont des options à cocher dès le départ. Hodeva n'est pas proposé à La Réunion. Voir notre avis sur Hodeva.

Abeille Senséo, des garanties larges d'office

La gamme Senséo couvre d'office le dos et les affections psychiques sans hospitalisation, et la grossesse pathologique. Son capital décès minimum est souvent plus élevé que celui des autres offres, ce qui fait aussi monter le prix. Voir notre test d'Abeille Senséo.

Unim, le contrat forfaitaire

Unim est réservé aux professionnels de santé et verse des indemnités forfaitaires, sans déduire ce que paient la CPAM et la CARPIMKO. Il propose une rente d'invalidité dès 10 % et une franchise frais généraux de 15 jours quelle que soit la cause. Les renforts pour le dos et le psychique se choisissent à l'adhésion. Voir notre test d'Unim.

Comment trouver une prévoyance quand on est orthoptiste ?

Vous pouvez signer directement auprès d'un assureur, ou confier la recherche à un courtier. Le prix ne change pas d'une voie à l'autre. La différence tient au nombre de propositions mises côte à côte et à l'aide pour décrypter les conditions générales.

Passer directement par un assureur des soignants

La MACSF et La Médicale assurent de nombreux paramédicaux, souvent depuis leur responsabilité civile professionnelle. Elles vendent par leurs propres conseillers, sans courtier, et ne proposent que leur contrat. Si vous y êtes déjà, demandez-leur s'il s'agit d'un contrat forfaitaire ou indemnitaire et à partir de quel taux la rente d'invalidité démarre. Voir nos avis sur la MACSF et La Médicale.

Passer par un courtier

Le courtier fait chiffrer plusieurs assureurs sur les mêmes garanties et vous accompagne jusqu'à l'acceptation médicale. Il est rémunéré par l'assureur, sans surcoût pour vous. Demandez-lui s'il connaît les règles de la CARPIMKO et comment il traite votre activité salariée, s'il y en a une.

Les assureurs que nous comparons

  • Hodeva : un assureur centré sur les travailleurs non salariés, très présent chez les paramédicaux.
  • Abeille Assurances (l'ancienne branche française d'Aviva) : sa gamme Senséo vise les professions de santé.
  • Unim : une association de professionnels de santé, dont la prévoyance est assurée par Allianz.
  • April et SwissLife : des contrats ouverts à l'ensemble des libéraux, chiffrés quand le profil s'y prête.

Comment ça se passe avec Gus Assurance

  1. Vous complétez le formulaire : revenu libéral, charges du cabinet, éventuel salaire chez un ophtalmologue.
  2. Je compare Hodeva, Abeille et Unim à garanties identiques et je vous envoie les devis avec mes explications.
  3. Un appel si besoin pour caler le revenu à protéger, la franchise et le barème d'invalidité.
  4. Vous remplissez le formulaire d'adhésion, je saisis le dossier chez l'assureur, puis vous signez en ligne après le questionnaire de santé. Je suis le dossier jusqu'à l'accord médical, et je vous aide à demander un réexamen si la décision vous paraît sévère.
  5. Ensuite, je reste joignable pour adapter le contrat quand votre activité évolue et pour vous accompagner en cas d'arrêt.

L'étude est gratuite et sans engagement. À lire aussi : notre guide courtier en prévoyance et notre article sur la résiliation d'un contrat de prévoyance.

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Vos questions, nos réponses

Vous hésitez encore ? Voici quelques compléments d’informations sur les questions que l’on nous pose le plus souvent !

Comment bien choisir son assurance prévoyance ?

En tant que médecin libéral une prévoyance est indispensable car vous n’êtes pas bien couvert par la Sécurité Sociale et la CARMF en cas d’aléas de la vie. La prévoyance comprend plusieurs garanties permettant de vous protéger en cas d’arrêt de travail, d’invalidité ou de décès. Mais ce n’est pas si simple de trouver un contrat adapté à ses besoins et sans mauvaise surprise. Si vous êtes encore interne vous pouvez consulter notre article : prévoyance interne médecine.

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