Prestations prévoyance de la CIPAV

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Par

Clément Janicot

CEO de Gus Assurance

Publié le

3.11.2026

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La CIPAV assure en invalidité et en décès les libéraux qui n'ont pas de caisse propre à leur profession : ostéopathes, psychologues, psychomotriciens, ergothérapeutes, diététiciens, architectes, ingénieurs-conseils et une douzaine d'autres métiers. Ce qu'il faut retenir : elle ne verse aucune indemnité journalière. Après les 90 jours payés par l'Assurance maladie, vous n'avez plus de revenu jusqu'à ce que la caisse vous déclare invalide de façon définitive, et sa pension ne démarre qu'à 66 % d'invalidité. Je détaille ici chaque prestation de la caisse, avec les montants 2026, et ce qu'une prévoyance des professions libérales doit couvrir pour compenser ces manques.

Pour les conseils propres à votre métier, lisez nos guides prévoyance psychomotricien, prévoyance ergothérapeute, prévoyance diététicien, prévoyance ostéopathe, prévoyance psychologue, prévoyance architecte et prévoyance ingénieur.

Qui cotise à la CIPAV ?

Relèvent de la CIPAV en 2026 :

  • les métiers du cadre de vie : architecte, architecte d'intérieur, économiste de la construction, maître d'œuvre, géomètre-expert, ingénieur-conseil ;
  • des professions de santé sans caisse propre : ostéopathe, psychologue, psychothérapeute, chiropracteur, ergothérapeute, diététicien et psychomotricien (rattaché à la CIPAV depuis 2022) ;
  • les métiers de la montagne : moniteur de ski, guide de haute montagne, accompagnateur en moyenne montagne ;
  • quelques autres activités : expert judiciaire, expert automobile, mandataire judiciaire à la protection des majeurs, guide-conférencier, artiste non affilié à la Maison des artistes.

Les autres libéraux, consultants, formateurs ou développeurs par exemple, dépendent de la Sécurité sociale des indépendants depuis 2019 (2018 pour les micro-entrepreneurs). Ceux qui étaient déjà installés avaient jusqu'à fin 2023 pour la quitter ; sans démarche de leur part, ils y sont restés. Un micro-entrepreneur exerçant l'un des métiers de la liste cotise lui aussi à la CIPAV. En cas de doute, regardez l'organisme indiqué sur vos appels de cotisations : je vois souvent des architectes d'intérieur persuadés d'être à la CIPAV alors qu'ils sont à la SSI, ce qui change complètement leur protection.

Que signifie CIPAV ?

CIPAV signifie Caisse interprofessionnelle de prévoyance et d'assurance vieillesse. Elle gère votre retraite de base et complémentaire, et le régime invalidité-décès.

Quelle protection sociale pour les affiliés de la CIPAV ?

Les rôles sont partagés : l'Assurance maladie (CPAM) rembourse vos soins, paie vos arrêts de travail jusqu'au 90e jour et vos congés maternité et paternité ; la CIPAV verse une pension en cas d'invalidité et un capital et des rentes à votre famille en cas de décès. Entre les deux, rien ne couvre un arrêt qui dure plus de trois mois.

La protection en cas d'arrêt de travail

Du 4e au 90e jour : l'Assurance maladie

Depuis juillet 2021, les libéraux de la CIPAV ont droit aux indemnités journalières de la CPAM. Après trois jours de carence, elle vous verse 1/730e de votre revenu annuel moyen des trois dernières années, soit la moitié de votre revenu, entre 26,33 € et 197,51 € par jour en 2026. Condition : un an d'affiliation au minimum, ce qui exclut votre première année d'installation. Pour un micro-entrepreneur, le revenu retenu est le chiffre d'affaires après abattement.

À partir du 91e jour : plus rien

La CIPAV ne verse pas d'indemnités journalières. Après le 90e jour, ni la CPAM ni la caisse ne vous versent quoi que ce soit, et cela peut durer jusqu'à ce qu'une pension d'invalidité vous soit accordée, si elle l'est.

Revenu annuelJours 4 à 90, par moisÀ partir du 91e jour
Première année d'activitéRienRien
24 000 €Environ 1 000 €Rien
36 000 €Environ 1 500 €Rien
60 000 €Environ 2 500 €Rien

C'est la grande différence avec la CARPIMKO, qui verse un forfait de 55 € par jour aux kinés et aux infirmiers à partir du 91e jour, ou avec la CARMF pour les médecins (voir nos guides sur les prestations de la CARPIMKO et de la CARMF).

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La protection en cas d'invalidité

Comment la pension est calculée depuis 2023

Depuis le 1er janvier 2023, il n'y a plus de classes A, B ou C : vous ne choisissez plus votre niveau de cotisation, et les montants par classe qu'on lit encore sur beaucoup de sites sont périmés. La pension dépend désormais de points, calculés ainsi :

  1. vous cotisez à hauteur de 0,5 % de votre revenu (en 2026, au minimum 89 € et au maximum 445 € par an) ;
  2. la caisse transforme cette cotisation en points, à raison d'un point pour 0,013 € ;
  3. en invalidité totale, chaque groupe de trois points vous rapporte 3,01 € par an, auxquels s'ajoute un montant fixe de 2 403 € versé à tous.

Ces points ne s'additionnent pas au fil des années : la caisse prend votre dernière cotisation, ou la moyenne des trois dernières si elle vous est plus favorable. C'est utile quand la maladie a déjà fait baisser votre revenu l'année précédente. Prenons une psychologue qui a gagné 45 000 € deux années de suite, puis 15 000 € l'année où elle est tombée malade : sur sa seule dernière cotisation, elle n'aurait droit qu'au minimum, 772 € par mois ; en retenant la moyenne de ses trois dernières cotisations, la caisse lui verse environ 1 360 €.

À l'inverse, deux situations donnent une pension faible quel que soit votre revenu actuel :

  • Vous venez de vous installer : votre première cotisation est calculée sur un revenu forfaitaire bas. Une invalidité dans les premiers mois donne donc une pension proche du plancher de 772 € par mois, même si votre activité marche bien.
  • Vous avez été salarié avant d'être libéral, ce qui est fréquent chez les ostéopathes, les psychologues ou les ergothérapeutes : la CPAM et la CIPAV ne se coordonnent pas. Chacune calcule sa pension sur vos seules années chez elle, et le total reste maigre. Une question écrite à l'Assemblée nationale l'a dénoncé en 2024, sans changement depuis.
Revenu de référencePension totale par moisPart du revenu
17 782 € ou moins772 €52 % ou plus
20 000 €843 €51 %
30 000 €1 165 €47 %
40 000 €1 487 €45 %
60 000 €2 130 €43 %
88 911 € ou plus3 059 €41 % ou moins

Montants bruts 2026, calculés avec les valeurs publiées par la CIPAV ; la ligne à 20 000 € reprend l'exemple donné par la caisse.

Les conditions pour la toucher

  • Au moins 66 % d'invalidité, apprécié par rapport à votre capacité d'exercer. En dessous, la caisse ne verse rien.
  • Un état consolidé : la caisse refuse tant que votre santé peut encore s'améliorer.
  • Ne plus travailler du tout, pour avoir droit à la pension totale. Pour un taux de 66 à 99 %, vous touchez une pension partielle, égale à la pension totale multipliée par ce taux, et réduite si vous gagnez encore au-delà d'un certain plafond. À 66 %, avec 30 000 € de revenu, elle tombe à environ 770 € par mois.
  • Des cotisations payées. Un retard limité à la dernière année se rattrape dans les six mois ; passé ce délai, la caisse ne verse plus rien.
  • Dix ans de cotisations si la maladie existait avant votre affiliation.

Quand la pension commence et quand elle s'arrête

Aucun texte n'impose une durée d'arrêt minimale, mais l'exigence d'un état définitif fait qu'après un accident grave ou une longue maladie, des mois, parfois des années, passent sans revenu de la caisse. Le premier versement intervient le mois suivant le dépôt de la demande, sans rattrapage des mois passés : faites la demande sans attendre, dès que votre médecin considère que votre état n'évoluera plus. Son versement cesse au moment de la retraite, que vous pouvez alors demander au titre de l'inaptitude ; pendant une invalidité totale, vous continuez d'acquérir des trimestres.

Un taux, pas une catégorie

Le régime général classe les invalides salariés en trois catégories. La CIPAV, elle, fixe un taux d'invalidité. Si votre banque ou l'assureur de votre prêt immobilier vous demande votre « catégorie d'invalidité », vous ne pourrez pas la fournir : envoyez la notification de la CIPAV avec le taux retenu, et demandez à l'assureur de se prononcer sur cette base. Des affiliés racontent être restés des mois sans réponse faute d'avoir anticipé ce point.

La procédure

Vous faites la demande depuis votre espace personnel sur le site de la CIPAV. Votre médecin rédige un certificat que la caisse transmet à son médecin-conseil ; celui-ci peut demander une expertise. Une commission de la CIPAV prend ensuite la décision. Si vous la contestez, saisissez la commission de recours amiable de la caisse dans les deux mois ; vous pouvez aussi écrire au médiateur de la CIPAV, puis, en dernier recours, aller devant le pôle social du tribunal judiciaire.

Conservez la preuve de tous vos courriers et n'hésitez pas à relancer : la Cour des comptes a relevé en 2024 de graves défaillances dans le service rendu aux assurés, la caisse a été placée sous administration provisoire en 2025, et un nouveau conseil d'administration a été élu en janvier 2026.

Une invalidité à 40 % peut suffire à vous empêcher de faire des séances au sol, de manipuler un patient ou de suivre un chantier. Pour la CIPAV, elle ne donne droit à rien.

Pour comprendre comment les assureurs évaluent ce taux, lisez notre guide comment calculer une rente d'invalidité.

La protection en cas de décès

Votre famille reçoit de la CIPAV un capital et des rentes, à condition que vos cotisations soient à jour. Montants 2026 :

Revenu annuelCapital décèsRente au conjoint et à chaque enfant, par mois
17 782 € ou moins27 795 €232 €
30 000 €41 940 €350 €
60 000 €76 670 €639 €
88 911 € ou plus110 142 €918 €
  • Le capital est majoré de 15 000 € environ après un accident mortel. Il revient d'abord au conjoint, puis au partenaire de PACS, puis aux enfants.
  • Votre époux ou partenaire de PACS touche une rente si vous étiez affilié depuis deux ans ou plus. Elle prend fin s'il se remarie ou conclut un nouveau PACS. Un concubin ne reçoit pas de rente.
  • Chaque enfant perçoit une rente jusqu'à ses 21 ans, ou 25 ans s'il fait des études.

Rien n'est versé automatiquement : vos proches doivent faire la demande auprès de la caisse. Si vous avez des enfants ou un emprunt, ces montants restent loin de couvrir plusieurs années de revenu : voir notre guide sur l'assurance décès.

La prise en charge des congés maternité et paternité par la CPAM

Le congé maternité

Une libérale affiliée à la CIPAV est indemnisée par l'Assurance maladie si elle a au moins six mois d'affiliation à la date prévue de l'accouchement et s'arrête au moins huit semaines, dont six après la naissance :

  • une allocation forfaitaire de repos maternel de 4 005 € en 2026 ;
  • des indemnités journalières égales à 1/730e de son revenu annuel moyen, dans la limite de 65,84 € par jour.

Une grossesse pathologique relève, elle, de l'arrêt maladie, et donc de votre prévoyance au-delà du 90e jour. Voir notre guide sur la grossesse et la prévoyance des libérales.

Le congé paternité

Le père, ou le second parent, touche jusqu'à 65,84 € par jour pendant 25 jours s'il cesse complètement son activité.

Les cotisations pendant un arrêt

Si votre arrêt dure au moins six mois, vous pouvez demander une dispense de cotisations retraite à la CIPAV (demande à faire avant le 31 mars de l'année d'après) ; vous recevez alors des points gratuits. Vous continuez en revanche à payer la part invalidité-décès, tout comme les cotisations de l'Urssaf calculées sur vos revenus des années précédentes. Ajoutez le loyer de votre local, l'assurance professionnelle et les logiciels : sans revenu, ces charges tombent quand même. Une garantie frais généraux sert à les payer.

Pourquoi une prévoyance quand on est à la CIPAV ?

Parce qu'à partir du 91e jour, votre contrat ne complète pas la caisse : il la remplace. Prenons une ostéopathe qui gagne 36 000 € par an et se blesse à l'épaule. Pendant trois mois, la CPAM lui verse environ 1 500 € par mois. Ensuite, plus rien. Si son épaule ne lui permet plus d'exercer qu'à mi-temps, son invalidité ne sera pas reconnue à 66 % : pas de pension non plus.

Une prévoyance adaptée prévoit :

  • des indemnités journalières qui couvrent tout votre revenu à partir du 91e jour, et complètent la CPAM avant, pendant trois ans au plus ;
  • une rente d'invalidité qui démarre à un taux bas, mesuré sur votre profession, quand votre métier vous devient difficile sans être impossible ;
  • vos frais fixes et vos cotisations pendant l'arrêt ;
  • un capital décès calculé selon vos crédits en cours et vos enfants.

Ce que je conseille aux affiliés de la CIPAV

  • Assurez votre revenu entier, pas un complément : au-delà de trois mois, le contrat est votre seule source de revenu. Choisissez une franchise de 30 jours au plus, 15 jours si vous n'avez pas d'épargne.
  • Vérifiez le barème d'invalidité : un barème professionnel juge votre capacité à exercer votre métier, pas n'importe quel métier. Avec un seuil bas (16 % chez Hodeva avec l'option I.P.S., 10 % chez Unim), une invalidité qui vous empêche d'exercer à plein temps donne droit à une rente.
  • Regardez le dos et le psychique : ostéopathes, psychomotriciens et ergothérapeutes portent et manipulent, psychologues et architectes s'épuisent. Sans option, ces arrêts ne sont souvent couverts qu'en cas d'hospitalisation.
  • En micro-entreprise, la cotisation n'est pas déductible, mais les indemnités reçues ne sont pas imposées. Voir notre guide prévoyance micro-entrepreneur.

Pour les professions de santé de la CIPAV, je compare le plus souvent Hodeva, Unim et Abeille ; pour les architectes et les ingénieurs, April, Hodeva et Abeille. Les prix et les contrats choisis par nos clients sont détaillés dans le guide de chaque métier, ci-dessous.

Nos guides pour les métiers de la CIPAV

Vos questions, nos réponses

Vous hésitez encore ? Voici quelques compléments d’informations sur les questions que l’on nous pose le plus souvent !

Comment bien choisir son assurance prévoyance ?

Si vous êtes indépendants (TNS, profession libérale, auto-entrepreneur) souscrire une prévoyance est indispensable car vous n’êtes pas bien couvert par la Sécurité Sociale en cas d’aléas de la vie. La prévoyance comprend plusieurs garanties permettant de vous protéger en cas d’incapacité temporaire de travail, d’invalidité ou de décès. Mais ce n’est pas si simple de trouver un contrat adapté à ses besoins et sans mauvaise surprise.

Pas d’inquiétude Gus vous accompagne pour monter en compétence sur le sujet et vous aide à trouver la prévoyance qu’il vous faut.

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